Réflexions et interprétations d’une mémoire perdue

Par   Mohammed Chaouki Zine

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« La vérité est un fruit qui ne doit être cueilli que s’il est tout à fait mûr »

Voltaire

« I’ve been told over and over again that the peoples of Egypt, as far as we know, did not have either the technology or the social organization to cut out the core body of the Sphinx in pre-dynastic times...However, I don’t see it as being my problem as a geologist. I’m not seeking to shift the burden, but its really up to the Egyptologists and archaeologists to figure out who carved it. If my findings are in conflict with their theory about the rise of civilization then maybe its time for them to re-evaluate that theory. I’m not saying that the Sphinx was built by Atlanteans, or people from Mars, or extra-terrestials. I’m just following the science where it leads me, and it leads me to conclude that the Sphinx was built much earlier than previously thought... 

Dr. Robert Schoch
Traduction française

 

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bullet Le mythe de la réalité et la réalité du mythe

bullet Topologies atlantes

bullet « Quand l’Atlantide surgira... »

bullet « Opus Magnum ». Une leçon magistrale de la mémoire humaine

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Le mythe de la réalité et la réalité du mythe

Dans son fabuleux article « Quand le Sphinx rugira... », notre ami Hicham Hamza nous a gracieusement montré le fruit de sa recherche laborieuse concernant l’énigme des civilisations perdues, d’un point de vue historique et parapsychologique en se basant sur les recherches d’érudits américains en géologie, sismologie, paléontologie et égyptologie et  sur l’éminent « prophète dormant » Edgar Cayce (1877-1945). Étant philosophe de formation, notre contribution se veut une herméneutique de l’énigme Atlante, c’est-à-dire une interprétation multidimensionnelle de ce symbole qui hante encore l’esprit de l’humanité. Le fait que notre philosophe Platon (428-348 av. J.C.) évoque dans ses dialogues, le Timée et le Critias en l’occurrence, ce fameux continent, nous croyons fermement que Platon ne disait pas des fables fantasmagoriques [1]. Il ne fait d’ailleurs que rapporter le discours du sage d’Athènes Solon, en voyage au temple de Saïs, qui interrogea un prêtre égyptien sur les anciennes civilisations. 

Pour ceux qui voyaient dans les mythes de Platon concernant l’Atlantide un simple avertissement pour sa propre Cité glorieuse qu’est Athènes pour ne pas sombrer dans la corruption et les guerres ont, certes, une part de vérité, mais se trompent dans un détail. La vérité consiste dans le fait de forger des récits et des fables en signe d’avertissement et de « warning ». Une mise en garde qui puise sa force et sa puissance de passer le message dans l’énigmatique, le mythique et le symbolique. Les textes sacrés des religions abrahamiques font pareil avec une dramatisation hyperbolique de la condition humaine (Déluge, cataclysmes, apocalypse, etc.). 

Mais le détail que les esprits simplistes ont perdu de vue nous le prenons de notre propre civilisation. Pour schématiser les dangers intra et extra-terrestres, l’armada médiatique et cinématographique mobilise ses appareils techniques et informatiques les plus sophistiqués en vue de sensibiliser la conscience humaine d’éventuelles attaques (extraterrestres, astéroïdes, etc.). Le malheur, c’est que les films cinématographiques qui ont été fait dans ce domaine excluent les autres continents pour que le danger guette les USA uniquement (comme Platon qui parle de mythe pour avertir sa Cité glorieuse). Ces États qui se disent la première puissance mondiale et donc probablement les héritiers des « Atlantes »! Ici l’appareil médiatique et cinématographique forge des scènes et des histoires imaginaires pour décrire l’ampleur du danger et stimuler la stupeur commune. Sous ce biais, la fabrication des fables pour décrire un danger et attirer l’attention vers un désastre imminent devient le fruit de l’imagination vive et pléthorique. On a donc la capacité fervente de transformer le réel en mythe et vice versa. 

Nous ne pouvons pas non plus faire l’économie des récentes recherches en anthropologie et en mythologie (Jean-Pierre Vernant, Jean Bottero, François Châtelet) pour qui les mythes d’antan ont une part de réalité. Un mythe décrit toujours une réalité, mais la décrit « autrement ». Cet « autrement » fait que l’imagination créatrice change de la morphologie et de la valeur inhérentes à la réalité originelle. Elle transforme les discours rapportés, les mémoires vivifiées et les émotions stimulées en des mythes conservés et transmis dans une chaîne ininterrompue. Imaginez donc la pléthore symbolique et la surcharge sémantique d’un mythe relatant la réalité d’une humanité, jadis disparue, où technologie et ésotérisme s’entremêlaient parfaitement jusqu’à le jour du déclin moral et de l’extinction civilisationnelle. Devant une telle civilisation saisissante, les mythes et les fables font leur tâche de « mythologisation » et de symbolisation. 

Déjà le fameux « Titanic » qui a sombré dans l’Atlantique un certain 15 avril 1912 devient, par le poids de l’image cinématographique et de l’imagination créatrice, un mythe, comme si ce naufrage n’avait jamais eu lieu et comme si ce naufrage n’avait lieu que dans notre imagination ! Un simple paquebot transportant le signe d’une technologie ascendante et prometteuse, tragiquement péri, nous a vivifié la mémoire et amplifié l’imagination et l’émotion. 

Qu’est-ce qu’on dit alors de toute une civilisation devant laquelle la nôtre paraîtra, peut être, comme une simple goûte dans un océan sans rivage ?! En outre, le problème n’est pas dans le fait de savoir si une telle ou telle civilisation avait réellement existé ou pas, mais le problème se pose au niveau de notre capacité mentale, intellectuelle, technologique et historique de positionner, déterminer, dater et calculer les lieux et les temps. Si nos moyens de recherches et d’investigations s’avèrent primitifs par rapport à tout ce qui devrait être dévoilé et découvert, le problème n’est pas dans l’Atlantide en le qualifiant de mythe et de fabulation. Le problème c’est qu’au niveau épistémologique nos moyens sont, pour l’instant, incompétents d’accéder à un stade supérieur. Ils arriveront un jour incontestablement, mais c’est une question de temps. 

Tout à fait comme Jules Verne qui avait imaginé le voyage vers la lune. A son époque, ses récits romanesques et, profondément, prémonitoires apparaissaient comme une plaisanterie qui ne passait pas inaperçue. Mais lorsque le premier être humain avait posé ses pieds sur la lune en juillet 1969, Jules Vernes était donc plus avancé par rapport à son entourage. Le voyage vers la lune n’était pas comme il souhaitait bien sûr (un raz de marée transportant un bateau vers la lune), mais avec une technologie performante et le résultat d’années entières de labeur digne d’admiration. On verra un jour un être humain qui mettra ses pieds sur les autres planètes, mais, comme nous l’avons signalé ci-dessus, la question reste dans les moyens performants de le transporter là-bas et elle n’est jamais une question de mythe insensé et de fable dénuée de sens : « l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain » (Paul Valéry). 

 

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