L'Au-delà

 

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Les croyances funéraires

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La croyance osirienne

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Les croyances solaires

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Les croyances funéraires

La croyance la plus ancienne, qui est aussi la plus simple, était que le corps du défunt retrouvait la vie dans sa tombe.

Creusée dans les sables du désert, ou dans le roc des versants montagneux, la tombe était le cadre de la vie dans l'au-delà, où subsistaient les mêmes besoins que sur terre. Un culte funéraire assurait le renouvellement des provisions entassées dans le tombeau lors des funérailles. D'où aussi, plus tard, la décoration des parois des tombes de scènes d'offrandes et de repas funéraires les plus fournis possibles.

Ceci assurait au défunt de pouvoir subvenir à ses besoins, grâce à certaines formules magiques également inscrites dans le tombeau, au cas où le culte ne serait plus rendu. On représentera aussi les scènes de la vie courante, activités des champs ou vie domestique ou familiale. Cela afin de permettre à l'âme, au " ba", qui, Baéchappée au moment de la mort, réintègre le corps du défunt, grâce aux rites de " l'ouverture de la bouche " (également inscrits sur les parois tombales), de revivre pour l'éternité dans le tombeau, de la même manière que l'individu avait vécu sur terre. Ces décorations sont, en quelque sorte, la perpétuation de la vie.

Cette croyance de survie dans la tombe, enrichie d'autres pratiques dont on ne connaît pas au juste l'explication (par exemple, l'orientation du corps dans la tombe), restera la base essentielle des conceptions égyptiennes de l'au-delà. Au cours de l'Ancien Empire, les croyances osirienne et solaire viendront s'y rattacher.

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La croyance osirienne

Elle consistait en ce que le défunt rejoignait Osiris, le dieu des morts, dans son royaume, "  l'Occident ", personnifié par la déesse Amenti.Anubis

Le corps du défunt, qu'il fallait protéger de la destruction par l'embaumement, où Anubis intervenait de son action bienfaisante, devait franchir de nombreux obstacles et éviter de multiples dangers. Il avait à sa disposition pour cela les formules adéquates, rassemblées dans le Livre des Morts (recueil des formules et des rites à accomplir sur le chemin de l'au-delà, dont on retrouve les inscriptions, bien naturellement, sur les parois des tombes du Nouvel Empire).

Ayant triomphé de tous ces obstacles, le défunt arrivait ensuite devant le dieu justicier Osiris, entouré d'Isis et de Nephtys, ou encore devant Ré, le grand juge. Pesée du coeurLà avait lieu la célèbre scène de la pesée de l'âme. Devant le dieu, siègent les quarante-deux juges. Anubis introduit le mort alors que son cœur est posé sur le plateau d'une balance. Sur l'autre plateau, se trouve Maât (Vérité-Justice), représentée par une plume. Thot surveille et enregistre la pesée pendant que le mort récite la " confession négative " (chapitre CXXV du Livre des Morts) : " Je n'ai pas causé de souffrance aux  hommes..., je n'ai pas blasphémé les dieux....

Si le résultat de la pesée est défavorable (le cœur plus lourd que la plume de Maât), le mort sera jeté dans la gueule de Ammit " la Dévoreuse des morts ". Au contraire, si le jugement est favorable au défunt (et c'est toujours le cas), Osirisil sera enfin admis dans le domaine d'Osiris. Là, il obtiendra un lopin de terre, dans le " champ de paix " (Sekhet-hotep) où il pourra retrouver les mêmes activités que dans le monde terrestre.

Si cela avait un aspect rassurant de retrouver dans l'au-delà le même système de vie que celui d'ici-bas, c'était aussi peu encourageant pour l'Egyptien amateur d'oisiveté, et l'on inventa des petites statuettes destinées à remplacer le défunt dans son travail de l'au-delà, grâce à une formule magique, inscrite en son dos. Ce sont des " oushabtis", petites statuettes momiformes de bois, de pierre ou aussi de faïence bleue ou verte, que l'on a retrouvées par centaines dans les tombes.

Oushabti" Oushabti " signifie " répondant " ; en effet, si le défunt lui faisait appel pour une corvée, il devait répondre " présent " (Livre des Morts). Et, avec ces figurines qui assuraient au défunt de pouvoir profiter totalement de la vie dans l'au-delà, l'image du paradis d’Osiris de s'imposer dans l'Egypte entière.

 

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Les croyances solaires

Initialement réservées aux rois, puis étendues à leurs courtisans, elles s'intègrent finalement au sein des autres croyances (peut-être afin de ne pas être totalement supplantées par la croyance osirienne).

La croyance solaire était que le défunt allait rejoindre Ré sur sa barque solaire dans son périple autour du monde. En effet, les Egyptiens pensaient que le soleil décrivait sa course autour du monde, sur une barque. Le matin, à son lever, accueilli à sa sortie des eaux par un chœur de cynocéphales et à la grande joie des animaux qui s'animaient à son apparition, Ré, le soleil, montait dans la "  barque du jour ", qui naviguait à la voile dans le ciel. Le soir, Ré changeait d'embarcation pour emprunter la " barque de la nuit ", qui traversait les douze régions du monde inférieur (correspondant aux douze heures de la nuit). Il se faisait alors tirer par les innombrables dieux, esprits ou morts ordinaires qui les peuplaient, au moyen d'une longue corde, qui était en réalité un boa vivant, symbole de Ré écartant les ennemis de la lumière. Puis le soleil réapparaissait au matin pour un nouveau cycle.

Le défunt, pour parvenir jusqu'à Ré, devait subir le rite de la purification effectué par Anubis sous une tente à la limite du désert, puis celui de la "lustration solaire", dans une jarre.

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Enfin, il atteignait le grand juge et rejoignait Ré en s'intégrant pour l'éternité dans l'escorte de sa barque (d'où la fabrication de barques solaires enterrées près des tombeaux des souverains de l'Ancien Empire).

Ces diverses croyances, enrichies encore par d'autres moins importantes, alimentées par de multiples légendes, ne manquèrent pas de s'entrecouper et de former un amalgame de survies dans l'au-delà plutôt confus. Un compromis synthétique semble s'être pourtant réalisé à l'époque tardive.

Le jour, le défunt séjournera paisiblement dans son tombeau, s'adonnant aux plaisirs de la nourriture et autres, et son âme pourra aller flâner, quand bon lui semble, hors de sa tombe, dans les lieux que le mort aimait jadis.

La nuit, il accompagnera le soleil dans le monde souterrain, tantôt halant sa barque, tantôt s'arrêtant dans les champs Osiris. Lorsque le soleil reviendra à l'aube au monde d'ici-bas, l'âme errante retournera vers le tombeau y retrouver le repos.

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